Accueil Date de création : 05/01/09 Dernière mise à jour : 29/11/11 13:06 / 49 articles publiés

De Saint-Martin à Flores  (Traversée retour première partie) posté le samedi 03 juillet 2010 20:15

Marc (le père de Ian) et Theta sont venus nous aider à convoyer le voilier de Saint-Martin aux Açores. 23 jours de mer ci-après racontés par Marc:

J'ai rejoint le Seapossible à Saint Martin aux Antilles le 2 juin. Il était mouillé à Grand Case, à l'opposé de l'île par rapport à l'aéroport où j'avais retrouvé Theta, mon vieux complice américain d'autres aventures, en d'autres temps, juste arrivé de Seattle.

Tous deux étions invités par Ian et Marie à compléter l'équipage pour une traversée retour de l'Atlantique qui allait classiquement nous mener aux Açores. Les deux heures moites passées tous les quatre entassés avec nos bagages mais sans armes dans trois minibus collectifs (des momos dirait-on à Bali) coincés dans d'improbables embouteillages tropicaux nous ont convaincus qu'il ne fallait pas traîner à Saint Martin.

Une dernière journée consacrée à divers achats et procédures, puis sans écouter les conseils peu avisés d'un skipper professionnel qui nous promettait trois jours de pétole en mer, nous appareillons au matin du vendredi 4 juin. L'alizé (qui soufflera entre sud-est et nord-est selon les moments) nous permet de parer sans grand mal la pointe nord-est de l'île d'Anguilla, ultime terre émergée sur notre route atlantique nord. Un coup d'œil sur ses plages de sable blanc et c'est l'attaque de l'océan, cap au nord en direction générale des Bermudes. Certains y font escale, ce n'est pas notre intention mais la route nord vise à nous extraire de la zone où la route directe vers les Açores est impossible. De pétole dans ces premiers jours il n'y eut point.

Avec Marie et Ian, j'avais découvert, enchanté, le Seapossible ferraillant contre des vents de force 7-8 Beaufort en Manche en avril 2009. Ils commençaient à apprivoiser leur fier destrier des mers. Je les retrouve un an plus tard avec grand plaisir dans de toutes autres conditions, petit temps, grand soleil, mer bleue, chaleur. En trois semaines, j'allais constater qu'ils connaissent désormais leur Galapagos sur le bout des boutes, 9 mois de voyage autour de l'Atlantique obligent!

Tout de suite, nous nous installons dans un rythme de long cours. La première nuit, nous faisons des quarts de quatre heures deux par deux. C'est l'occasion d'initier Theta aux principes de base de la navigation en haute mer, lui qui n'a aucune expérience en ce domaine.

Il part donc de quasi rien, et la question de la langue limite encore un peu plus les nuances de l'instruction vu notre manque de vocabulaire spécialisé en anglais. Le dictionnaire trouvé à bord est d'un recours modéré, car si on y trouve la traduction de lofer (to luff), de choquer (to slacken), pas d'indication sur abattre, au près ou vent arrière. Nous nous débrouillerons donc, et Theta aussi, avec les instructions précises de Ian qui lui confie la veille du bateau et de son équipage en indiquant les conditions possibles qui imposent qu'on le réveille pour changer une voile, prendre un ris, affaler le génois etc.

 

Car dès la deuxième nuit, nous passons à des quarts de deux heures, chacun seul, Theta compris, aux prises avec la nuit, les mouvements du bateau, la crainte d'un cargos sur une route de collision: échaudés dès la première journée, nous avions dû nous dérouter pour laisser passer un certain Marinella – Toni Rossi, le retour – qui faisait mine de ne pas nous avoir vus, ou peut-être ne nous avait-il vraiment pas vus? Dans les 3 semaines suivantes, nous en croiserons peu, des cargos, et jamais de si près. L'océan est vaste! Seule rencontre intéressante, celle d'un porte-conteneurs qui nous apprendra par la radio, par la voix d'un sympathique marin équatorien, que la France avait fait match nul avec l'Uruguay dans son premier match de coupe du monde de football. C'était déjà décevant, mais seulement le début d'une coupe calamiteuse! Nous avons eu peu d'autres nouvelles, il était très difficile de capter RFI sur la radio du bord, étions-nous en dehors de leur cône d'émission (le Sea Possible captait bien mieux RFI dans sa transat aller...), sur une mauvaise fréquence? En tout cas, plus facile de capter la BBC ou la radio cubaine (non, le Che n'est vraiment pas mort!) ce qui nous laissa à l'écart du tumulte du monde pendant cette traversée. Quelques jours plus tard, on comprit tout de même en écoutant une radio hispanophone que le Mexique avait quasiment éliminé la France en la battant 2-0 et encore quelques jours plus tard que l'Afrique du Sud avait terminé le travail : pauvre équipe de France....

La première semaine, nous avons eu à nous déterminer sur la route que nous allions suivre: faire obstinément du nord et même du nord-nord-ouest pour atteindre dès que possible les vents de secteur ouest associés aux dépressions qui naissent du côté de Terre Neuve, vivent en traversant l'Atlantique d'ouest en est et viennent mourir quelque part en Europe? Certains adoptent cette option mais nous avons opté pour la route la plus directe possible vers les Açores, pour éviter les risques de vent fort associé aux dépressions et surtout pour réduire la distance à parcourir, de l'ordre de 2100 milles en route directe. Du coup, après avoir laissé derrière nous les alizés, nous avons rencontré beaucoup de vents faibles en « chevauchant » la dorsale qui étend l'anticyclone des Açores vers le sud-ouest, zéphirs insuffisants à propulser correctement les 13 ou 15 tonnes d'acier du Sea Possible. La deuxième et la troisième semaines ont ainsi été parfois éprouvantes, avec des journées entières passées à essayer de tirer le meilleur parti de vents ne dépassant pas les 5 nœuds, et certains jours encore moins. Ce bateau préfère nettement la brise: à partir de 8 nœuds, il démarre, à 12 nœuds il trace vraiment sa route sans pâtir trop du clapot, sans beaucoup gîter quelles que soient la force du vent ou l'allure du bateau. Mais à l'espoir de faire route directe vers l'île de Faial et son port à Horta, notre objectif initial aux Açores, a parfois succédé une certaine frustration.

Nous avons consacré, Ian et moi, beaucoup de temps à prendre la météo. Pour cela, nous disposions d'une radio BLU et d'un ordinateur portable muni du programme NavtMsgs grâce auquel s'inscrivaient progressivement, quand la réception était suffisamment bonne, les cartes envoyées par la station météo de Boston, et en fin de traversée par la station britanique de Northwood. Ces prises de météo rythmaient les 24 heures avec une séance de fin d'après midi et une autre de fin de nuit. De la lecture des cartes de prévision s'ensuivaient inmanquablement des interprétations contradictoires auxquelles Ian et moi aimions nous adonner, amusant souvent Marie, l'énervant parfois, avec in fine peu de conséquences, le bateau n'étant pas suffisamment rapide pour aller chercher telle ou telle option stratégique qu'aurait suggérée l'analyse de la météo. Nous avions pour réfléchir la ressource du livre référence en la matière : Météo et stratégie du célèbre et néanmoins cousin Jean-Yves Bernot.

Une autre préoccupation quotidienne était la gestion de l'énergie à bord. Non pas celle des quatre membres de l'équipage dont il faut bien avouer qu'elle fut parfois déclinante quand s'accumulait le manque de sommeil vraiment réparateur, chacun dormant quand il ou elle le pouvait, le plus longtemps et le plus souvent possible, nuit et jour.

L'énergie en question, c'est celle qu'il faut bien produire et stocker dans des batteries pour alimenter la radio, les micro-ordinateurs – qui ne servent pas seulement à analyser les fichiers météo mais aussi (surtout?) à visionner les épisodes de Dr. House – merci Bibou, merci Laure – déployant jour après jour ses séries de diagnostics créatifs, de méchancetés drôles et de prescriptions improbables, au grand plaisir des fans de l'équipage – et à la grande surprisse de Theta qui ne faisait qu'entendre les dialogues – l'éclairage, le frigo malgré le peu de denrées fraîches à conserver au-delà des dix premiers jours, le pilote automatique... De quoi disposons-nous à bord pour générer cette électricité? D'un très efficace panneau solaire, qu'on oriente à la main pour suivre la course du soleil au long de la journée grâce à un système ingénieux de cordages installés par Ian sur la balcon arrière (difficile de breveter ce système), d'une éolienne poussive par petits airs, il lui fallait au moins 8 noeuds pour tourner depuis des attaques perfides des éléments subies du côté des Canaries, et du moteur à gasoil. Un brave Perkins celui-là! Autant il nous avait fait des misères en Manche l'année précédente en calant à des moments délicats – à vrai dire, ce n'était pas de son fait, le circuit d'alimentation s'étant révélé si peu étanche à l'air qu'il avait fallu rapidement le remplacer – autant il s'est montré tout autour de l'Atlantique d'une robustesse et d'une fiabilité exemplaires, démarrant au quart de tour, ronronnant heure après heure comme un chat au coin du feu. Reste que Ian étant un brin angoissé, et la jauge hors service (a-t-elle jamais été en service d'ailleurs?), nous étions incapables de connaître l'état réel de remplissage du réservoir, 450 litres (?) à plein au départ des Antilles, une consommation estimée de 2 litres, 3 maximum, par heure, il nous était fortement recommandé de ne pas le solliciter. Du coup, nous avons été très économes pendant les deux premières semaines. La troisième, avec les Açores qui n'approchaient que mille par mille dans des conditions anticycloniques persistantes à défaut d'avoir été surprenantes, nous avons passé des heures à nous interroger sur la pertinence de le faire tourner. Au final, pour apaiser nos angoisses de possible panne sèche, nous décidâmes trois jours avant l'arrivée de changer d'objectif: Flores, l'île la plus occidentale de l'archipel, plutôt que Faial, nous avions d'un coup diminué de plus de 100 milles la distance à parcourir! Ce n'est qu'en refaisant le plein de carburant que nous saurions ce qui nous restait dans le réservoir... et que nous pourrions conclure sur notre plus ou moins bonne gestion de l'affaire : avons-nous été un peu, beaucoup, très, trop précautionneux? En fait, à Flores, il n'y a pas de pompe sur le port, et nous n'y ferons qu'un petit ravitaillement de 60 litres. L'incertitude persistera jusqu'à Horta.

L'eau douce était l'autre ressource à surveiller comme l'huile sur le feu. Les réservoirs en inox du Sea Possible sont censés en contenir 500. Là encore, le sens légendaire de l'économie et de la précaution de Ian fit la loi: interdit d'en user pour autre chose que le thé, le café et l'eau de cuisson des pâtes et du riz, et encore à compléter avec de l'eau de mer. L'eau douce était proscrite même pour se laver les dents, mais je crois bien qu'il y eut quelques écarts discrets de ce côté-là... Bien sûr, les bouteilles d'eau en plastique qui remplissaient les coffres au départ des Antilles restèrent inentamées, en réserve, et ce n'est qu'au port à Flores, que nous entamâmes le deuxième réservoir.

Pour le reste, pour nous occuper, des livres, il y en beaucoup à bord et j'en avais apporté aussi, des polars, Michael Connelly et Fred Vargas en vedettes, de la poésie française et de la littérature contemporaine;

et puis de la musique, surtout pour moi la nuit sur mon iphone que j'avais bien rempli avant de partir (ah! Léo Ferré, la MPB, Musica Popular Brasileira, Miles Davis au milieu de la nuit, et tout le reste, que de bonheurs!).

Et puis un peu de pêche, surtout dans les premiers jours où Ian fit merveille avec l'investissement à très bon escient d'un rappala magique à Saint Martin: un barracuda, mais rejeté pour cause de possible ciguatera,

puis trois wahoos pris en quatre ou cinq jours, quel délice que ce poisson royal, et même une dorade coryphène attrapée de façon très réflexe et hissée sur le pont puis rendue à la mer pour contenter une partie notable de l'équipage et satisfaire son sens de l'esthétique et de l'éthique.

Guirlande de poissons séchés

Et puis aussi une table de poker à laquelle Ian et Marie nous convinrent pendant quelques jours en milieu de traversée. Theta nous avait dit avoir joué et gagné souvent, en son temps, pour moi c'était de très vieux souvenirs corses de poker avec François, pas encore père de Matthias, il y des décennies. Le type de poker pratiqué était différent, mais les principes les mêmes. Forts de leur expérience, Ian et Marie nous ont d'abord battus facilement, puis les parties sont devenus plus disputées au fil des jours jusqu'à ce que Theta et moi tiennions jusqu'au bout. Une fois que nous avons gagné notre première partie, le poker à quatre semble avoir perdu son attrait à bord...

On ne répétera jamais assez qu'en croisière, on dort encore et encore, et c'est exactement ce que je vais aller faire quand j'en aurai fini de ce quart de nuit, un des derniers. Après une extraction brutale du sommeil, ces quarts étaient toujours pour moi des moments privilégiés, très propices à l'écoute de la musique avec mes écouteurs, et quand les conditions le permettaient, à l'écriture. Je ne m'en suis pas privé. Et le jour, que fait-on d'autre ? On pense aux repas qu'on va préparer, on prépare ces repas, on les mange, bien assaisonnés de cette délicieuse salsa aux piments du Cap Vert, on en reparle encore, et surtout on parle, n'est-ce pas Theta, de tout ce qu'on n'a pas à bord, du poulet et de la viande rouge, des salades, des restaurants de tel et tel endroit où l'on a dégusté tel ou tel plat, ceux qu'on se promet pour l'avenir. Bientôt la terre et ses trésors gastronomiques...

Le temps des douches est également très important!

 

On peut aussi essayer de se couper les cheveux mais le résultat n'est vraiment pas terrible!

Mais plus que tout, on observe l'océan, ses surfaces hypnotiquement changeantes, parfois tranquilles, bien trop tranquilles, parfois plus animés, dans l'attente de l'événement, de l'aileron de requin, du jet de baleine, qui viendra ponctuer la journée.

Les dauphins furtifs ou en représentation exubérante (que les vidéos que j'ai faites avec mon petit appareil photo ne rendent pas si mal), un cachalot curieux, un autre plus distant, une ou deux tortues évasives et plongeuses, des puffins joueurs, des méduses à voile en nombre infini; et même une troupe de petits rorcals (8 mètres quand même, les petits!), tous ont bien égayé nos journées, sans compter les oiseaux, puffins, sternes.... Des navires aussi, mais plutôt rares, et un voilier unique qui nous dépassa sans même nous jeter un coup d'oeil, alors que nous faisions des routes quasi parallèles, vent arrière, dans une aube brumeuse de bout du monde, était-ce un vaisseau fantôme?

Au 23ème jour de navigation, nous avons fini par entrer dans le charmant petit port de Lajes au sud-est de Flores.

Bourgade tranquille, surtout en ce week-end de fête de San Pedro au cours duquel les habitants de la bourgade voisine de Fazenda organisaient un repas de soupe de poissons offert gratuitement à tous ceux qui se présentaient. Nous nous sommes présentés à 7 car à l'équipage du Sea Possible venaient de se rajouter Claire, Léna et Bibou, arrivées après quelques péripéties jusqu'à Flores, et nous avons été parfaitement accueillis. On s'est régalé de cette soupe épaissie de pain, accompagnée de poissons divers et servis à volonté, de succulentes pommes de terre. Nous avons aussi été les clients ravis d'un restaurant en haut du village, tenu par André, un Belge installé ici depuis 32 ans et dont la viande fut un régal, fondant dans la bouche. Il est vrai que toutes les vaches que nous avons vues à Flores (et il y en a deux pour chacun des 4000 habitants de l'île) disposent d'une herbe abondante, succulente, l'eau ne manque pas à Flores, surtout après le long et pénible hiver subi cette année (le pire en 40 ans nous a-t-on affirmé). Nous nous sommes régalés de quelques balades physiques et humides sur les reliefs volcaniques de l'île pendant ces journées d'escale également ponctuées de rendez-vous devant des télés de bistrot où étaient retransmis les matchs de la coupe du monde. Hier, le Portugal a été éliminé par l'Espagne, sans que cela ne déclenche beaucoup d'émotions locales, les Açoriens et en particulier ceux de Flores se sentent-ils portugais?

Enfin, nous sommes repartis le 30 juin pour Horta, sur l'île de Faial, à 130 milles  à l'est-sud-est.

Un bon vent d'ouest nous y a menés en une vingtaine d'heures, avec Léna, Claire et Bibou un peu affalées à fond de cale.

A Horta, la tradition veut que les voiliers laissent une trace de leur passage sur les quais du port!

Demain, 2 juillet, ce sera le retour vers Paris via Lisbonne. J'étais parti de France le 2 juin, c'est un mois très particulier qui s'achève et je peux dire que oui, vraiment, il m'a apporté ce que j'étais venu chercher, un détachement des impératifs de temps, une interrogation sur le sens à donner au mot urgence et beaucoup d'autres impressions trop personnelles pour les décrire ici. A chacune et chacun de vivre cela, une fois au moins dans sa vie!

Merci aux heureux co-propriétaires du Seapossible qui ont permis tout cela!

 Marc L

Merci à vous!  Nous voilà à nouveau tous les deux, aux Açores mais toujours au milieu de l'Atlantique. Il nous reste encore 1300 Milles (soit 10 à 15 jours de mer) à parcourir avant de rejoindre notre cher port de Paimpol. Le retour est prévu autour du 20 juillet. Alors à très vite!

lien permanent

Martinique et Dominique  (antilles) posté le samedi 03 juillet 2010 17:13

Nous voici sur la fin de nos aventures antillaises. Cela doit faire maintenant deux mois que nous sommes arrivés en Martinique, et on ne regrette pas du tout d’avoir finalement décidé de traverser l’Atlantique pour un court séjour dans les petites Antilles.

Nous avons retrouvé dès le premier soir nos amis et grands navigateurs : Antoine et Solène, partis bien avant nous autour de l’Atlantique et sur un bien plus petit voilier. Ils étaient bien ancrés dans un petit recoin du Marin et nous ont aidés à rentrer dans le rythme de la baie… petites réparations en tout genre pour préparer la traversée retour, apéro, promenades, apéro… Le Marin est moins dépaysant que le Cap Vert, et on  se sent rapidement chez soi dans cette grande baie ultra bien abritée (le mouillage le plus calme et de loin de tout le voyage), entourée de voisins navigateurs tel Olivier avec qui de très bons moments ont été partagés, sur l’eau, à terre et aussi dans les airs à bord de son parapente (merci encore Olivier !).

Trigonocéphale de la Martinique

Le rocher du diamant

Anse noire

Le Bel Espoir à Grande Anse d'Arlet

Sympathique donc la Martinique, mais l’escale la plus chouette fut sans aucun doute la Dominique : retour à des ambiances un peu plus couleur locale et dans un décor incroyable. Car la Dominique et ses 365 rivières possède une forêt et des montagnes d’une densité incroyable. A peine s’écarte-t-on du rivage que l’on peut ramasser les mangues tombées sur la route ou les pamplemousses accrochés sur les arbres. La population, fière à juste titre de son île, vous assure un accueil incroyable et dans un esprit très bon enfant et très rasta ! Le souvenir de cette escale est encore tout chaud dans nos têtes et restera comme un des grands moments de ce voyage, ainsi qu’à Thomas venu une nouvelle fois à bord et grâce à qui nous avons les photos que voilà :

Notre petit mouillage

Geisers de souffre

Déjeuner dans les sources d'eau chaude

Bowling lake

 

Rabbit festival

 

Les dominos: sport national de la Dominique

Séance de jardinage

Pas évident de décrocher des pamplemousses!

Promenade en pick-up

Nous avons ensuite continué notre route vers le Nord (et oui, c’est fini la route sud, et ces milles vers le nord nous rappellent que le retour approche… snif !) et avons récupéré Laure en vacances pour une semaine.

Régime de bananes de le Dominique

Les cachalots

Cap sur Saint Barthélémy où nos amis Pic et Laurent arrivent suite à leur première participation à l’AG2R, une course à la voile reliant Concarneau à St Barth. C’est par surprise que nous les accueillons en mer sur un zodiac et que nous les félicitons de cette superbe course qui leur permet de se placer treizième… un succès ! S’ensuit une semaine festive à St Barth avec tous les coureurs, à la fin de laquelle on peut se poser la question : est-ce plus fatiguant trois semaines de courses au large ou une semaine de festivité à St Barth ?! Petite escapade à St Martin qui ne nous plait guère mais où l’on récupère la mère de Marie venue à son tour profiter des îles. Nous sommes actuellement de nouveau à St Barth où nous profitons de nos dernières plages et bain de soleil antillais. L’heure de la traversée retour approche, et c’est mon père et Theta de Seattle qui nous accompagnent cette fois pour ces quelques trois semaines de mer qui nous séparent des Açores .

 

lien permanent

Petit pays je t'aime beaucoup, petit petit...  (Cap vert) posté le lundi 05 avril 2010 19:30

Ca fait maintenant dix sept jours que nous traversons l’océan et d’ici quelques heures nous devrions apercevoir la Martinique. Je pensais que nous serions très pressés de voir la terre voire même soulagés mais ce n’est pas le cas. Nous sommes contents mais nous l’étions aussi en mer. Il nous a fallu un peu de temps pour nous habituer au rythme des quarts et au temps qui s’écoule…différemment. Mais, une fois nos repères pris, il ne restait plus qu’à nous laisser porter par les doux et chauds alizés. Le vent comme la mer ont été cléments avec nous, si bien que nous garderont de cette traversée le souvenir d’une belle et grande balade pleine de poésie. Pour ceux qui sont intéressés par les questions plus pratiques: nous nous sommes lavés tous les jours, nous avons très bien mangé et beaucoup lu!

Depuis quelques jours nous sentons que nous nous approchons des cotes. Non pas que nous sentions les effluves de rhum ou le poulet boucané mais, les oiseaux, les dauphins, les baleines et les dorades coryphènes sont venus à notre rencontre. Nous avons assisté à un superbe ballet de daurades toute une après-midi durant. Elles n’ont pas manqué de narguer notre capitaine allias le «militaire des poissons» (petit surnom que des capverdiens lui ont donné) en se faufilant telles des contorsionnistes entre nos lignes et entre les flèches du harpon, mais sans jamais se faire prendre.

Question pêche, le sujet est délicat car nous avons eu beaucoup de casses pour peu de réussite. Mais notre moment de gloire nous l’avons eu et c’était au cap vert ! D’ailleurs, il serait peut-être temps de vous parler de cet archipel, certainement notre plus belle escale du voyage.

Dès les premiers contacts nous l’avons aimé et notre enthousiasme a été crescendo de jours en jours.

Nous sommes arrivés sur l’île de Sao Vicente, à Mindelo, capitale culturelle du cap vert. Alors que nous avions fait huit jours de mer et pensions être isolés à l’autre bout du monde,  nous sommes tombés nez à nez avec Tristan (notre bateau-stoppeur) et Teddy qui devaient être de l’autre côté de l’Atlantique. C’était bref mais très sympa de les retrouver. Teddy nous a présenté des locaux dont Georges, qui nous a reçus comme des rois. Il nous a fait visiter la ville, découvrir son quartier, goûter au fameux mais redoutable « grog » (du rhum dont les degrés se taisent), nous a emmenés voir la maison de Césaria Evora et nous a cuisiné de bons petits plats. Nous avons également profité de ces quelques jours «en ville» pour aller écouter de la musique et voir des démonstrations de capuera.

 

Et déjà l’envie de découvrir des recoins plus paisibles et moins peuplés nous taquinait. Nous avons donc mis les voiles pour l’île de Brava, la plus au sud de l’archipel, et, en chemin avons attrapé notre première grosse daurade coryphène avec un leurre fabrication maison. Par la force des choses, la fabrication d’appâts est en effet devenue un des passe-temps favori de Ian.

 

Après une bonne journée de navigation, nous sommes arrivés à Ribeira da faga d’Agua, une jolie anse surplombée de falaises et abritant un village de pêcheurs. L’eau était belle et chaude : parfait pour la chasse mais aussi pour le carénage (la toilette complète du bateau nous a probablement fait gagner un jour de navigation durant la traversée). L’intérieur des terres était également somptueux mais raide ! Dur dur en plein cagnard ! Nous avons profité de la proximité relative d’une dernière ville (tout de même trois heures de marche) pour acheter les produits frais nécessaires à la traversée puis, accompagnés de trois allemands qui étaient avec nous au mouillage, nous nous sommes rendus au sud de l’île à Tan Tam.

Attention Laure si tu te poses un jour à Brava: les vaches sont parfois sur cette belle piste...

La première langouste!

Retour fameux vers le mouillage en pick-up

Piscine naturelle, bien remplie le week end!

Tan Tam était l’endroit dont nous rêvions : une eau limpide, des milliers de poissons de toutes sortes, une plage où seuls quelques pêcheurs circulent, et un magnifique petit village simple mais chaleureux qui surveille l’ensemble du haut de son perchoir. Nous avons une fois de plus été incroyablement bien accueillis et éblouis par la beauté des paysages. Ian est parti chasser dans l’idée de faire un barbecue dans une petite crique et il est revenu avec tellement de poissons que nous avons pu partager un super moment gourmet avec les allemands et des capverdiens. Le rassemblement était tellement sympa qu’il a duré jusqu’à la nuit. Le lendemain, nos amis locaux ont voulu nous remercier et nous ont fait passer une journée magique entre les balades, les repas, les apéros et la partie de football. Le soir nous les avons invités à dîner à bord et leur avons appris à jouer au UNO : trop drôle !

Soles, rougets, perroquets, langouste et mérous... voici un beau tableau de chasse

Le grillage de langouste...

En pleine discussion avec joachim!

Nous étions vraiment tristes de partir. C’est réellement dommage que nous n’ayons pas pu passer plus de temps au cap vert mais la traversée nous attendait alors nous reviendrons !

Dans quelques minutes nous jetterons l’ancre au Marin, dans le trou à cyclones. Le choix du mouillage n’est pas anodin puisque c’est ici que Ian a travaillé un an sur «Karrek Ven», le beau thonier sur lequel il habitait. L’arrivée est magique !! Je vous laisse, il faut que l’on savoure !

 

 

 

lien permanent

L´arrivee au cap vert  (Cap vert) posté le samedi 06 mars 2010 19:43

Nous voici arrivés hier matin au Cap Vert, plus précisément à Mindelo sur l’île de Sao Vicente ! La traversée depuis les Canaries nous a donc pris exactement huit jours. C’était une première pour tout l’équipage que de rester aussi longtemps en mer : un bon petit avant goût de la traversée pour les Antilles.

Marine et Jeremy: nos nouveaux equipiers de transat

La navigation a été assez complète avec de la pétole, du vent, du prés et du portant…des tortues, des dauphins, des poissons volants… Mais dans l’ensemble une navigation très agréable ou nous avons une fois de plus eu l’impression de changer de climat au fur et à mesure des milles parcourus. Et oui, nous sommes désormais sous les tropiques !!!

toilette en haute mer

Même du côté de la pêche il y a du nouveau : nous qui n’avions quasi rien attrapé à la traîne, voici qu’on commence par sortir un petit thon ! Et ça c’était la fête !

Alors JJ t en dis quoi?

Deux jours plus tard, on pêche un petit requin mako, avec un tête de méchant et des grosses dents ! Heureusement, tonton Bernard nous avait fabriqué un lasso qui nous a bien aidé à le sortir de l’eau sans y mettre les mains !

Pour finir une petite daurade Coryphène et un poisson inconnu au bataillon et probablement remonté du fond pendant la nuit : un corps d’anguille avec une tête et des dents de barracuda…

Autant dire qu’on a bien mangé durant cette semaine !

L’arrivée au Cap Vert a été aussi magique car nous sommes entrés entre les îles de l’Archipel en même temps que le soleil se levait, et ce fut un spectacle magnifique que de voir apparaître ces îles dans les premières lumières du jour.

Première balade à terre dans le plus grand dépaysement… on s’assoit en terrasse pour boire une bière et qui c’est que l’on voit arriver… Tristan notre bateau stoppeur d’Essaouira que l’on croyait au milieu de l’Atlantique !!! Le monde est petit, surtout pour les voyageurs en bateau de l’Atlantique nord qui suivent tous les vents portants. Finalement on est tous sur une autoroute et on se recroise à chaque fois à la station service !

Bon on vous laisse car on est pas là pour très longtemps et ça à l’air plutôt carrément sympa comme ambiance ! La suite...bientôt!

lien permanent

Ambiance sous le vent de Ténérife  (Vidéos) posté le mardi 16 février 2010 20:06

lien permanent
|
ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à seapossible

Vous devez être connecté pour ajouter seapossible à vos amis

 
Créer un blog