Comme
beaucoup le disent, le bateau est le moyen le plus cher, le plus
inconfortable et le plus lent pour se déplacer d’un endroit
où on est bien à un endroit où on n'a rien à faire. Ou alors :
« dans la navigation, le départ et l’arrivée sont
magiques mais entre les deux, qu’est-ce qu’on se fait
chier ! ». C’est donc une drôle d’idée que de
partir voyager en bateau…. et pourtant, c’est ainsi
que nous partons. En attendant de vivre ces moments délicieux en
mer, voici les joies de l’achat proprement
dit :
Tout
d’abord se mettre d’accord sur le type de bateau.
Comme nous sommes quatre dont deux couples, nous avons opté pour
un certain confort : celui de pouvoir
pester sur l’autre couple sans être entendu : il nous
faudra donc deux cabines, si possible séparées de plusieurs mètres.
L’idéal, c’est une cabine devant, et une cabine
derrière. Nous nous sommes donc vite rendu compte que les bateaux
ayant un cockpit (la « terrasse » pour les terriens)
central, disposaient de tels aménagements. Va donc pour un cockpit
central. Ensuite vient le choix de la taille qui est souvent
étroitement liée au prix du bateau. Un bateau
trop petit est moins cher, mais va moins vite,
et dispose de beaucoup moins de rangements (adieu la garde robe
bien garnie, les planches à voile et la salle de bain). Un bateau
trop grand est trop cher, et à l’achat, et à
l’entretien. Il est plus difficile à manœuvrer, mais
fait moins peur dans les vagues ! Selon le célèbre paimpolais
David Rosa (expatrié à La Rochelle), le bateau idéal se situe entre
11.5m et 12m. Mais parce-que nous pensons qu’un certain
confort intérieur serait un atout pour repousser le moment de
déclaration de la première guerre mondiale à bord (et peut être la
dernière), nous avons opté pour du « 12 m
minimum ».
La suite
est moins drôle : des heures sur internet à éplucher les
différents sites de bateaux d’occasion, les coups de
téléphone aux divers propriétaires, les visites à l’autre
bout de la France de bateaux trop petits, rouillés ou oubliés sur
un terrain vague… super excitant !

Première visite: plutôt sympas le bateau de l'ami
Vivien. Mais réflexion faite, il ne voudra plus le
vendre!
Trois mois
plus tard, et malgré les conseils du fameux JJ («des bateaux y en a
des tonnes à vendre, faut pas être pressés et vous ferez une super
affaire ! »), nous commençons à nous demander si le
voyage à dos de chameaux, proposé par Marie, n’est pas plus
facile à organiser...

Vous inquiétez pas, on finira par le trouver ce
bateau!
Nous
finissons par tomber miraculeusement sur un Galapagos 43 (soit
13.5m, largement au-dessus de la taille maximum préconisée par le
théorème du Rosa), mais épatant en terme de confort, et à un prix
accessible pour notre tirelire. Après de dures négociations avec
celui qui deviendra rapidement notre plus cher
ennemi, nous nous mettons d’accord sur un prix! Vous pensez
alors que nous devenons aussitôt les heureux propriétaires de ce
Galapagos ? Et bien non, il nous faut encore trois mois pour
conclure la vente ! Car ce revendeur avait des pratiques
douteuses pour tous ceux qui contrairement à moi, sont habitués à
faire des affaires. J’ai ainsi appris qu’il ne faut pas
verser de l’argent à quelqu’un qui te demandes de lui
faire confiance, qu’il ne faut pas non plus donner de
l’argent sans faire de contrat, et qu’il faut encore
moins trouver le vendeur sympathique s’il refuse de répondre
à des questions farfelues et naïves du genre « à qui
appartient le bateau ?». Si vous avez un ami notaire aussi
sympa que Maître Marcheteau et que vous êtes aussi nul que moi dans
le business, demandez-lui conseil !
Aux vues de
ce périple pour acheter le bateau, nous sommes impatients de
connaître les prochains épisodes administratifs, à savoir la
déclaration de mutation de propriétaire auprès des douanes et des
affaires maritimes… Encore du bonheur en
perspective !
A quand les
eaux turquoises, les escales paradisiaques et les pêches
miraculeuses ?!

ian
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